[à suivre] Premiers résultats d’une étude pilote sur les jeunes enfants (0-8 ans) et les technologies numériques en Europe

Young Children and Digital Technology - a European studyLes premiers résultats de l’étude pilote Young Children and Digital Technology sont disponibles depuis peu. En voilà un bref résumé pour les pressés et les non-anglophones.

On y lira quelques enseignements très très intéressants qui viennent confirmer ce qu’on a pu observer depuis maintenant un peu plus de trois ans.

• les enfants grandissent dans des foyers “media-rich” – multimédia ;

• les enfants sont-ils vraiment des Digital Natives ? Le rapport allemand discute notamment la distinction entre Digital Native et Digital Immigrants.
La plupart acquièrent quelques compétences opérationnelles de base facilement mais ils se retrouvent dans des situations qu’ils ne maîtrisent pas toujours – d’où un besoin accru de médiation de la part des parents, des assistants maternels et des enseignants.

• les enfants apprennent à utiliser ces technologies en observant leur entourage.
Certains passages du rapport souligne un apport plus importants des frères et soeurs dans ce domaine.

• les enfants utilisent le numérique individuellement mais il est souvent question – notamment en Finlande – d’une activité partagée entre membres de la famille ou entre amis.

• le numérique a une place importante dans la vie des enfants mais ce n’est pas une activité dominante et elle n’a pas remplacé les activités à l’extérieur (sport, sorties culturelles et autres activités sociales).

• Les activités numériques soutiennent l’intérêt que peuvent porter les enfants à des activités offline. Ils vont, par exemple, rechercher des informations sur un de leurs hobbies ou des jeux avec leurs personnages de dessins-animés préférés.

• Les parents utilisent encore les supports numériques pour occuper leurs enfants pendant qu’ils cuisinent ou qu’ils travaillent, pendant les transports ou dans les salles d’attente.
Il est également souvent mentionné qu’ils utilisent ces supports comme moyen de récompense (ou de punition).

Des résultats surprenants – pour l’équipe de recherche ^^ : 

• les parents d’enfants en maternelle téléchargent des applis éducatives alors que les enfants plus âgés y voient un loisir et évitent ce type de produit.

• Les enfants plus âgés ont souvent un usage exclusif de la tablette. Ils choisissent leurs jeux (ce qui n’est pas le cas pour les enfants en bas-âge).

• Lorsque la tablette a été lancée, le groupe-cible était celui des 3-4 ans ce qui tenterait à prouver qu’ils étaient déjà trop âgés (le contenu actuel à destination des enfants en bas âge n’existait pas encore forcément..). Les parents n’ont donc pas tout de suite associé la tablette à des fins éducatives et ne sont pas conscients de l’offre existante.

On parle souvent du bénéfice des relations inter-générationnelles… en voilà un exemple concret : 

• y est cité le rôle important des grands-parents – notamment en Italie ou en Russie. Ils sensibilisent les petits-enfants au numérique, sélectionnent des contenus appropriés, encouragent l’acquisition de compétences.

• en Finlande, est évoquée la création de règles communes entre familles / voisins.

La plupart des recommandations – et notamment le souhait d’inclure l’école dans les actions à mettre en place – nous semblent souhaitables. On peut seulement regretter que le rôle des bibliothèques (et autres espaces numériques) aient été oubliés.

• Développement de matériels éducatifs
• Développement de matériel de sensibilisation aux risques d’internet
• Promotion de contenu positif, éducatif, créatif, permettant la communication, les échanges sociaux.
• Renforcement du rôle et de la formation des enseignants
• Renforcement de la communication parents-enseignants (place de la littératie numérique dans les programmes scolaires)
• Développement de contenus et services à destination des enfants (sécurité; protection des données et de la vie privée).
• Développement de labels de qualité

… Quelques bémols indiqués pour la plupart dans une section donnant des pistes d’amélioration : 

– échantillon limité : 70 familles, 109 enfants entre 0 et 8, 38 entre 9 et 20 (frères et soeurs) ; sur-représentation des enfants âgés de 7 ans.
– temps imparti limité.
– zone géographique limitée : la France en est absente ainsi que les régions francophones (BXL et Wallonie) dans la section belge.
– méthode d’observation limitée : il est mentionné dans le rapport belge qu’une des petites filles observée est la plus débrouillarde avec les technologies mais qu’il n’a pas été possible de la voir utiliser un tablette…
– le rôle de l’école y est brièvement évoqué mais les auteurs souhaiteraient étendre le scope de l’étude.

Leave a Reply